vendredi 1 avril 2022

La Paix au dehors comme au-dedans


 

Pendant une conversation entre amis, la guerre en Ukraine a été évoquée par une personne qui se demandait si elle allait participer à une manifestation contre la guerre qui s’organisait près de chez elle. Elle souhaitait l’avis des membres de cette assemblée car, je crois qu’elle ne savait pas trop quelle attitude adopter. J’ai senti aussi en elle, beaucoup d’inquiétude, voire de peur devant ce conflit armé.

Je me suis alors souvenu d’un évènement qui s’est passé il y a au moins vingt ans et qui m’a montré le pouvoir agissant de Dieu quand la pensée Lui est consacrée et se laisse remplir de Sa paix. Je sortais de mon travail et me dirigeais vers mon domicile, à pied, dans les rues désertes. Je priais en marchant et toute ma pensée était tournée vers Dieu. Je ressentais un amour profond pour Lui et celui, puissant, qu’IL avait pour moi. Je me souviens d’un état de paix intérieure, un calme très doux, une certitude que tout était bien, tout était bon. Dieu était en moi et autour de moi, remplissant tout l’espace. J’étais dans un moment de foi absolue en Dieu. Un état de plénitude.

Deux jeunes garçons, des adolescents, marchaient en riant, chahutant et parlant fort. Arrivés à ma hauteur, ils ont traversé la rue sans un regard pour la voiture qui venait vers eux et dont le conducteur dû freiner brutalement. Indifférents à l’indignation de l’homme au volant, les deux gamins, hilares et assez fiers d’eux, continuèrent leur chemin vers le parc voisin.

J’ai vu le visage de l’homme changer de couleur, ses mains se crisper sur le volant et une colère énorme monter en lui. Il redémarra en faisant crisser les pneus de l’automobile, et partit en direction des gamins.

Je voyais la scène, je pressentais que l’homme allait riposter violemment à ce qu’il considérait certainement comme une insulte mais, pourtant, à aucun moment la paix de Dieu en moi ne m’a quittée. Rien ni personne ne pouvait attenter à cette paix. Aucun évènement aussi violent soit-il ne pouvait la détruire, aucun évènement dramatique ne pouvait même avoir lieu dans cette paix, puisqu’elle était celle de Dieu, et que Dieu est notre Père à tous. Aucun mal ne pouvait venir des uns aux autres, puisqu’IL nous aime chacun d’un même amour et qu’IL nous gouverne entièrement.

Un élan m’a portée à suivre l’homme descendu de son véhicule et qui courait vers le parc. Lorsque je suis parvenue là, l’homme tenait un des jeunes par le cou avec sa main gauche, le plaquait contre un grillage et son poing droit était levé, prêt à s’abattre sur le visage terrifié du jeune garçon.

M’approchant d’eux, sans crainte, je posai ma main sur le poing fermé de l’homme. Il me regarda, stupéfait, « Ce sont des enfants » furent mes seules paroles. Il regarda le garçon. Tenta de frapper. Mais j’accentuai la pression de ma main sur son poing. « Ce sont des enfants » répétai-je. L’homme me regarda à nouveau, regarda l’adolescent, puis, tout à coup relâcha son étreinte et s’enfuit en courant. Les deux jeunes partirent à leur tour sans rien dire. Je me souviens que plusieurs fois l’un des deux s’est retourné pour me regarder.

Moi, je remerciais Dieu pour Son action, pour Sa paix inattaquable, et pour m’avoir permis d’être témoin de Son pouvoir pacificateur. J’ai vu que dans Sa paix, rien de mal ne peut advenir.

Aujourd’hui, ce moment vécu il y a longtemps, me fait comprendre que je ne peux voir la paix se manifester dans le monde, sans qu’elle soit d'abord établie en moi, dans ma conscience. Que, s’il doit y avoir une action qui doit se manifester à travers moi pour régler un problème, elle se fera naturellement, sans questionnement de ma part, sans que je n’aie aucune crainte ni ne coure aucun danger puisque seul Dieu agit en tant que moi.  Il se peut aussi qu’elle intervienne par quelqu’un d’autre dont la conscience est réceptive à la volonté de Dieu et qu'IL choisit.

Mais il se peut aussi qu’aucune action ne soit nécessaire, car dans la prière de reconnaissance de la présence de Dieu sur la scène, dans la méditation qui mène à Son contact, Sa paix est si puissante qu’elle remplit la conscience individuelle qui se soumet à elle et se déploie, jusqu'à remplir toutes les consciences individuelles en jeu qui, alors, s’inclinent sous Son pouvoir qui met fin à tout conflit. Ainsi, la Paix est établie sur terre comme au ciel. Ne voir et ne reconnaître que la paix de Dieu en moi et en les autres, sans juger du pourquoi ou du comment, sans diaboliser aucun des protagonistes de l’histoire qui se raconte sous mes yeux; m’établir en Elle, c’est poser ma main sur le poing levé de la haine et de l’obscurantisme, c’est faire Sa volonté et non la mienne et devenir témoin de Son pouvoir auquel rien ne résiste.


Catherine Gazaube

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