mercredi 31 août 2022

Ma rentrée à la "maison"

 


Les périodes pendant lesquelles je ne peux pas me consacrer entièrement à l’étude de la Voie Infinie, de textes de sages de tous horizons, où il m’est impossible de méditer autant que je le souhaite, me donnent toujours des leçons. Ces leçons me montrent l’importance primordiale de me retirer du monde pour écouter le silence et laisser agir Dieu, qui le fait toujours en restaurant ma vision des évènements qui se déroulent devant moi, m’apprenant ainsi à ne pas me laisser happer par les situations qui se présentent et oublier qui je suis vraiment et quel est Le pouvoir qui me gouverne. 

C’est souvent dans les choses les plus simples, les plus ordinaires que se cachent chacun de ces enseignements. 

Par exemple, en séjour chez mon fils, je ressentais un léger énervement devant les exigences de mes petits-enfants qui souhaitaient, encore une fois, manger quelque chose, et jetaient leur dévolu sur des biscuits salés. Ces derniers se trouvaient dans un emballage formé de quatre compartiments dont deux avaient déjà été ouverts et le contenu mangé. Seulement voilà̀, tout avait été coupé de telle sorte que des morceaux de cet emballage pendaient lamentablement et rendaient difficile l’ouverture des deux compartiments encore remplis. Ne trouvant pas de ciseaux, je pris un couteau et passai mon énervement grandissant sur cette pauvre boîte, afin de n‘avoir plus entre les mains que les deux compartiments pleins de biscuits. Enfin, ceux-ci furent libérés et avalés en quelques minutes par les enfants ravis. J’étais calmée. C’est à ce moment là que mon regard se posa sur le plan de travail de couleur noire et sur lequel apparaissaient, bien blanches, des rayures faites par le couteau que j’avais utilisé énergiquement. La cuisine était neuve et installée par mon fils depuis seulement dix jours. Mentalement, je me suis liquéfiée. Je ressentais un mélange de peine, de déception, et même d’angoisse à l’égard de la réaction de mon fils, si fier de ce qu’il avait si bien fait. 

Mais, à ce moment là, il y eut en moi comme une cloche qui sonna, un rappel : « Où es-tu? Reviens! » Comme réveillée d’un rêve, je saisis clairement que je subissais l’attraction du monde, m’attirant comme un aimant par ses fables, ses contes de vie chaotique où on fait du mal à ceux qu’on aime, où toute joie se transforme en peine en une seconde. 

Alors, en une seconde aussi, je suis immédiatement revenue chez mon Père, dans Sa maison, ma maison, cette conscience divine dans laquelle tout est bon, dans laquelle règne la joie, la paix, le respect, la tendresse, la douceur. 

Comme l’enfant qui reviens à l’école après les vacances, je fis alors ma rentrée dans ce royaume intérieur d’où jaillit toute chose bonne, et que pour quelques moments j’avais quitté. J’y retrouvais Mon enseignant tout de douceur et de fermeté, qui m’enseignait que mon premier devoir était de l’écouter dans le silence, d’abandonner ma personnalité et de laisser mon individualité, mon seul être, gouverné par Lui, se déployer et briller de Sa lumière. 

Et dans ce lieu silencieux, plein de la Présence divine, se pouvait-il que la belle ambiance qui régnait depuis des jours soit gâtée par un évènement quelconque? Se pouvait-il que Dieu ne soit pas là, régnant sur tout et tous? Se pouvait-il que je sois cette personne énervée, brusque et maladroite? Non! Ici, j’étais la fille de Dieu, ressemblant à son Père. Ici, pas de colère, pas de gestes incontrôlés, pas de déception. Ici, était le Royaume de Dieu et Son gouvernement. 

Tout était bien. Tout était bon. J’y entrais et j’en laissais la porte ouverte en laissant ma pensée toute tournée vers ce Père aimant, ce sage Maître, pour laisser se déployer, autour de moi tout Son bien. 

Lorsque mon fils est arrivé, je lui montrai le plan de travail, et contrairement à son comportement habituel, et bien que j’ai vu sur son visage le début d’une colère, il s’est tu, et a trouvé, dans les minutes qui ont suivies, une solution provisoire qui a fait disparaitre les rayures.
Par la suite, ce petit évènement est devenu sujet de plaisanterie. 

Plusieurs fois pendant ces jours passés en famille, j’ai été rappelée à l’Ordre divin par une douleur, un mal-être, une inharmonie. Et chaque fois, j’effectuais ma rentrée intérieure et trouvais mon professeur particulier, attentif et rigoureux qui me rappelait à l’ordre avec bonté, et je retrouvais toujours le calme et la sérénité qui ne m’avaient jamais quittée en fait, mais que j’avais ignorés en sortant de chez moi, de la maison de mon Père; et je comprends mieux l’intérêt de ne jamais la quitter. 


Catherine Gazaube


samedi 2 juillet 2022

La nature est Dieu qui parle à ceux qui la contemplent

 



Au tout début de ma recherche de Dieu et de Son royaume, je regardais partout autour de moi pour trouver des signes de Sa présence à mes côtés. Je sentais en moi, lorsque je me promenais dans la nature, à la campagne ou dans les parcs, une exaltation donnée par les parfums des plantes, des arbres, par la fraîcheur de l’air, par le chant des oiseaux ou le cri des corbeaux. C’était une joie qui m’envahissait sans que je sache alors que par ces sensations, Dieu me parlait.

Un jour, pleine de ce bien-être, je fixai le soleil dont la luminosité représentait pour moi Dieu éclairant le monde de Sa lumière. Je vis alors cet astre se transformer. Il devint un cercle dont le centre était d’un bleu profond et le tour fait de cette lumière intense que nous connaissons. La certitude s’est faite en moi que ce que je voyais du monde n’en était qu’une infime partie. Ce soleil devenait une porte vers autre chose, vers un royaume de paix et qu’il fallait que je passe par cette porte pour avoir accès à un bonheur que la vision qui était la mienne ne me donnait pas.

Je crois que c’est à ce moment là que j’ai saisi que Dieu me parlait par cette nature qui m’entourait. Mais fallait-il encore que je sache l’entendre et le comprendre!

La lecture de la Bible et la prière m’ont appris ce que Dieu fait pour moi, Son amour infini, Son secours toujours présent, mais ce qui m’a le plus aidée à entendre ce que Dieu avait à me dire, c’est la découverte de la méditation, par la pratique de laquelle j’ai appris à faire silence devant LUI. Dans ce silence, je peux l’entendre, que ce soit chez moi, dans les transports en commun, dans les administrations, les magasins, seule ou entourée par la foule, je l’entends. Assise ou marchant dans la nature, je l’entends. Dans la nature, le silence devient contemplation et la contemplation permet d’entendre la voix de Dieu à travers ce que mes yeux voient.

Il me parle de joie dans le chant des oiseaux, dans les couleurs vives des fleurs, le vert des collines, le bleu du ciel, le bourdonnement des insectes, l’odeur de la pluie sur la terre chaude les soirs d’été, dans la douceur et le silence de la neige des jours d’hiver. Ne me dit-Il pas là de me réjouir sans cesse de chaque instant et de chanter toujours un hymne à Son amour. Ne me dit-Il pas là qu’IL remplit tout l’espace et que tout exprime SA Vie qui palpite?

Il me parle d’abondance dans les fruits que je trouve et qui me régalent lors de mes promenades – les cerises sauvages gorgées de soleil, les mûres sucrées, les figues au goût si doux, les noisettes craquantes – et dans les parfums de sureau, d’aubépine, de menthe, de pin, d’herbe qui se répandent, si enivrants. Ne me dit-Il pas : « Regarde, je suis là, je te comble de mes biens. Tu ne peux manquer de rien. Je suis la main qui te nourris. Ne t’inquiète pas, JE SUIS là. Tout ce que J’ai tu l’as et J’ai tout ».

Il me parle de vie sans cesse renouvelée et éternelle dans le printemps qui revient toujours, dans le calme après la tempête, dans le vent qui chasse les nuages, dans le soleil qui brille après la pluie, dans le mouvement des marées, dans les arbres centenaires si beaux et si puissants, dans les montagnes majestueuses inébranlables. Ne me dit-IL pas : « Regarde, il n’y a pas de stagnation, tout en MOI est mouvement perpétuel, tout en MOI se renouvelle constamment, tout en MOI est stabilité et puissance, JE suis la Vie, JE suis ta Vie, ne crains rien, tu es aussi éternelle que MOI parce que toi et MOI sommes UN. Tout ce que JE suis tu l’es. Et JE suis tout. »

Le monde est un jardin. Pour qui sait le contempler, c’est une terre sacrée sur laquelle poussent en millier de formes et de couleurs tout ce que Dieu nous a donné en héritage. C’est un livre ouvert sur l’infini, sur le Divin qui donne, à qui l’étudie, des leçons de vie sans cesse renouvelées, de beauté́ toujours présente, d’abondance à portée de mains. Des leçons de patience, d’espérance, de joie, de paix, de résurrection, d’éternité.

Regardez les rivières, qui, petites sources de montagne, vont traverser les dures roches, tomber dans des précipices, creuser leurs lits à force de remous pour arriver un jour à devenir fleuves et se jeter enfin dans l’océan pour devenir vagues. N’est-ce pas notre histoire qu’elles racontent? L’histoire des hommes qui retournent à la Maison de leur Père à force de luttes, de peines, de désespoirs parfois? Ne nous apprennent-elles pas la patience qu’il faut pour tenir le cap et garder notre but en vue? Lorsque l’hiver les enferme dans ses glaces pendant des semaines, des mois, ne nous racontent elles pas l’espérance qu’il faut garder lorsque nos vies semblent stagner, que nous nous sentons prisonniers de situations que nous pensons inextricables.

Quand je contemple en silence la nature autour de moi, que je la reconnais en tant que parole de Dieu qui s’exprime, j’entends aussi que je suis de cette même nature puisque créée par LUI et gouvernée par LUI. Et, en L’écoutant, j’entre dans le royaume de paix que m’avait promis la vision qui avait été la mienne un jour, en regardant le soleil.


Catherine Gazaube

mardi 31 mai 2022

En vacances chez les cousins?


 

Je viens de passer quelques jours chez des cousins chez lesquels je n’ai pas pu m’isoler pour méditer. Leur conversation ne tournant qu’autour de leurs maladies, de leurs douleurs, des rendez-vous chez leurs médecins, de l’âge, synonyme pour eux de décrépitude certaine, des voisins si gênant, des automobilistes conduisant si mal, des jeunes si impolis, je me suis vite sentie déstabilisée. J’étouffais dans cette atmosphère que je trouvais malsaine. Je n’avais pas un moment de répit parce qu’ils parlaient tout le temps, mais je supportais tant bien que mal cette situation qui me dérangeait. En fait, je ne reconnaissais pas la vie dans ce qu’ils en voyaient . Je ne partageais pas leurs idées. J’ai réussi malgré tout à rester calme et aimable, parce que je les aime et qu’ils m’aiment, mais, j’ai été heureuse de repartir chez moi.

Seulement, dès le début de voyage qui durait trois heures, une grande fatigue m’envahit. Je dus m’arrêter trois fois car je somnolais au volant . J’essayais de chercher en moi la Présence divine, Son calme et Sa force, mais je n’y arrivais pas. Cependant il vint à ma pensée ce verset biblique “ réveille toi, toi qui dors, relève toi d’entre les morts et Christ t‘éclairera” ça m’a littéralement secouée et j’ai pu continuer la route jusqu’à mon arrivée. J’avais conscience que je m’étais laissé hypnotisée par tout ce que j’avais entendu et aussi troublée par leur attitude qui voulait me faire comprendre que vivant seule, il fallait absolument que je trouve un compagnon.

Chez moi, j’ai repris avec une soif intense les méditations. Ca m’a calmée. Mais la fatigue persistait.

Le dimanche matin je l’ai consacré à chercher la Présence de Dieu en moi avec des méditations assises et des marches méditatives. Un grand élan amoureux a rempli mon coeur. IL était là, au plus près de moi. IL se manifestait à moi comme un époux. Non, Je n’étais pas seule. Quel moment de joie et de certitude d’amour partagé!

Mais la fatigue s’accentuait. Puis vint une douleur dans la gorge et une toux sèche et persistante. Et chose étonnante, une jambe me fit souffrir de haut en bas, jusqu’à ce que, au troisième jour, je n’arrive pratiquement à ne plus marcher.

J’avais l’impression de porter sur mon corps, les stigmates des douleurs de mes cousins!

J’aspirais à la paix, j’étais fatiguée mais dormais mal. Je voulais me reposer. Je voulais retrouver mon équilibre. Je cherchais en moi ce repos, cette paix, cet équilibre.

Une nuit, est revenue à mon esprit, une histoire de la bible, celle d’un mendiant aveugle qu’on amène devant Jésus à qui on demande: “qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents?” Et Jésus répondit: “ ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché mais c’est pour que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. “ Et il le guérit. (Jean 9:1-7)

Dans mon cas, est-ce moi ou mes cousins qui avaient péché pour que je souffre ainsi? N’était-ce pas pour qu’en moi la gloire de Dieu apparaisse?

Pour que ses œuvres se manifestent, ne fallait-il pas que je comprenne que mon corps ne pouvait pas porter les signes de souffrances qui ne viennent en aucun cas de Dieu, ni les miennes ni celles de mes cousins ? Ne fallait-il pas que je saisisse que j’avais accepté comme étant réelles des apparences trompeuses de corps vieillissants et malades?

Ce que j’avais accepté d’eux, je l’avais accepté de moi. Quelle folie!

Ne fallait-il pas que je me rende compte que j’avais oublié de voir au delà de ce que mes yeux me montraient, que je n’avais pas vu l’identité spirituelle, puissante et pleine de vie de mes cousins? En reniant cette identité divine , c’était renier le Christ en eux, c‘était le renier en moi.

C’est dans le calme des méditations que j’ai trouvé le repos pour mon âme tourmentée et mon corps douloureux. Il y a eu de la résistance. Il a fallu plusieurs jours pour que la fatigue, les maux de gorge et la toux disparaissent , quant à la jambe, hier matin je ne pouvais pas la bouger et n’arrivais pas à me lever. J’ai pensé alors appeler un ami et lui demander une aide spirituelle. J’ai réussi à sortir du lit et le temps d’arriver au salon, la douleur a commencé à disparaître. Je n’ai pas eu a appeler mon ami.

Cette période particulière m’a montré l’importance de ne pas oublier mon devoir envers Dieu qui est de le placer avant toutes choses, de le voir en chacun, de comprendre qu’il n’y a pas de lieu où IL n’est pas, et pour ce faire, ne pas négliger les temps de méditation seul moyen de LE retrouver , de L’entendre et de L’écouter.

Cette période a aussi été celle de la fête de l’Ascension du Christ . J’ai découvert des textes de mystiques, de chrétiens, de moines , de prêtres qui m’ont par leur beauté et leur profondeur amenée à lever mes yeux au dessus de la terre et à regarder en moi ce Christ magnifique qui m’a élevée joyeusement vers son Père, mon Père.

Je rend grâce pour ces lectures et ces méditations qui m’ont permis de goûter au repos que seul Dieu donne quand on s’approche de LUI.


Catherine Gazaube

dimanche 1 mai 2022

La Vie qui jaillit



La Vie qui jaillit, je l’ai sentie en moi lorsque, pour la première fois, j’ai perçu dans mon esprit la Présence de Dieu. C’est à cet instant que je suis née, ou plutôt que je suis née à nouveau. J’avais trente trois ans. 

Jusque là, je pensais vivre. Mais cette vie était celle déterminée par un lieu de naissance, un milieu social, une éducation qui m’avaient façonnée moralement et physiquement à l’image de mes parents, ou plutôt, selon l’idée qu’eux mêmes se faisaient de la vie, étant eux aussi, prisonniers des conceptions de leurs propres parents et tous, eux et moi, assujettis à la société avec ses règles, ses lois, ses modes, ses coutumes, ses exigences, ses cases et ses étiquettes, son échelle de valeur et qui semblait décider pour eux, comme pour moi, du rôle que chacun devait jouer sur cette terre. 

J’ai su très tôt que je ne correspondais pas aux normes du moment exigées par cette société ni physiquement ni mentalement, bien que je fasse tout ce que je pouvais pour ressembler à ce qui était demandé. Mais sans résultat si ce n’est un caractère aigri et surtout, un grand mal être intérieur . Et tant mieux car c’est ce mal être qui m’a donné la certitude que la vie ne pouvait pas se résumer à ça. Elle était si absurde, si injuste, si peu intéressante qu’elle cachait forcément autre chose. C’est grâce à ce malaise intérieur que j’aspirais profondément à cette autre chose. Et c’est cette aspiration, ce désir puissant qui m’a permis un soir, d’entendre la voix de Dieu en moi, et saisir en partie que non, cette vie visible n’est pas la Vie. Cette voix m’a guidée vers des livres, des personnes, des groupes qui m’ont permis d’approfondir ce que j’avais touché du bout de mon cœur et de mon esprit et qui s’était manifestée en moi par une grande joie jaillissant comme un geyser, joie qui fut est qui est toujours pour moi, synonyme de Vie. 

Ces années d’étude et de consécration au divin m’ont amenée à voir que cette vie visible est comme une vapeur qui me cache la réalité des choses et des personnes. J’ai vu que derrière l’apparence d’un homme ou d’une femme se trouve Dieu incarné, que chaque lieu est la terre de Dieu, sainte et sacrée, que chaque situation, heureuse ou malheureuse, n’est là que pour que se manifeste l’œuvre de Dieu et que j’en sois le témoin. 

Il m’a fallu des années pour pour que je saisisse que la Vie n’est pas une succession d’évènements extérieurs déstabilisants mais le déroulement de la pensée divine qui se manifeste de façon toujours harmonieuse pour qui l’accepte. A chaque fois que je me suis tournée vers cette conscience de bien en moi, la conscience spirituelle, j’ai toujours trouvé la paix et le réconfort. Des choses qui me faisaient souffrir telles que des migraines ou des brûlures d’estomac ont disparu sans que je me souvienne à quel moment elles ont cessé d’exister. La douleur causée par des deuils a été annihilée par la Présence vivante du Christ, l’Esprit de Dieu en moi, qui m’a portée, consolée, appris que non, la mort ne fait pas partie de la Vie parce que la Vie est Dieu et que les séparations n’ont lieu que sur ce plan d’existence visible. J’ai ainsi acquis l’assurance que ceux que je ne vois plus continuent comme moi à vivre, c’est uniquement la vapeur de ce monde matériel qui, lui, est mortel, qui m’empêche de les voir. Mais pour Dieu et en Dieu, il n’y a que la Vie. 

Un infarctus m’a aidé aussi à comprendre que ce n’est pas mon cœur qui me donne la vie mais que c’est la Vie qui fait battre mon cœur. Et il a battu avec plus de force et de régularité. Une chute qui a m’a fracturé une épaule et dont les médecins et les personnes autour de moi disaient que je ne récupèrerais pas entièrement le bon fonctionnement a été complètement remise en état et sans séquelle quand j’ai su que la Vie qui anime chaque partie de mon corps, est mon mouvement et mon être tout entier. J’ai vu que la Vie est mouvement perpétuel. 

J’ai appris aussi que le caractère aigri qui me caractérisait, n’était pas moi, ne m’appartenait pas, j’en avais hérité à ma naissance physique ici, dans ce monde, mais, j’ai saisi que je ne suis pas née à ce moment là, je venais de plus loin, et apparaissais pour que Dieu se manifeste ici, pour être témoin de la Vie. Je possédais tous les attributs de Dieu, tout ce qui le compose et entre autres, la joie. Mon caractère a changé complètement je suis aujourd’hui toujours d’humeur joyeuse et enthousiaste. Il n’y a plus en moi aucun mal être . Et si il arrive que je sois perturbée, peinée, choquée par certaines choses qui se présentent à mes yeux, la joie toujours présente en moi, me rappelle ce qu’est la Vie et toute inquiétude, peur ou tristesse disparaissent pour ne laisser la place qu’à la paix intérieure qui ne tarde pas à se manifester extérieurement. 

Ce que j’ai découvert aussi et c’est pour moi le plus important, c’est que la Vie n’est Vie que lorsque j’ai conscience que je vis, conscience de ce que je suis entrain de faire, de penser, de croire. Alors, aujourd’hui, je marche reconnaissant que le Christ marche en moi et en tant que moi. Je mange en me réjouissant de ce qui m’est donné comme nourriture puisqu’elle vient de Dieu. Je respire assurée que le souffle du Tout Puissant est ma respiration. Je foule le sol en sachant que j’avance sur la terre de Dieu et j’accueille avec joie ceux qui s’approchent de moi car je sais que c’est Dieu qui me rend visite et me dit qu’IL est là. 

Et avec cette Vie que je vis, j’ai appris que le verbe vivre ne se conjugue qu’au présent, parce que dans cette Vie il n’y a ni passé ni futur, il n’y a que maintenant . Maintenant Dieu est Vie donc je vis consciemment, et, sciemment, quand des évènements se présentent à moi cherchant à me déstabiliser, je me souviens qu’il s’agit d’une vapeur me cachant la réalité divine, je rentre en moi-même, je viens trouver Dieu, je le laisse souffler sur la vapeur et me montrer ce qu’elle masque, Sa réalité. Alors, la Vie jaillit, belle, pleine d’action , de mouvement, de joie, d’enthousiasme. Elle jaillit en moi, telle une source d’eau vive qui me rafraichit, me réveille, me lave de toutes les fausses idées accrochées dans ma pensée, me purifie, me baptise de mon vrai nom, Catherine Christ, me redonne ma véritable identité, fille de Dieu, et me rend témoin de la VIE. 


Catherine Gazaube

vendredi 1 avril 2022

La Paix au dehors comme au-dedans


 

Pendant une conversation entre amis, la guerre en Ukraine a été évoquée par une personne qui se demandait si elle allait participer à une manifestation contre la guerre qui s’organisait près de chez elle. Elle souhaitait l’avis des membres de cette assemblée car, je crois qu’elle ne savait pas trop quelle attitude adopter. J’ai senti aussi en elle, beaucoup d’inquiétude, voire de peur devant ce conflit armé.

Je me suis alors souvenu d’un évènement qui s’est passé il y a au moins vingt ans et qui m’a montré le pouvoir agissant de Dieu quand la pensée Lui est consacrée et se laisse remplir de Sa paix. Je sortais de mon travail et me dirigeais vers mon domicile, à pied, dans les rues désertes. Je priais en marchant et toute ma pensée était tournée vers Dieu. Je ressentais un amour profond pour Lui et celui, puissant, qu’IL avait pour moi. Je me souviens d’un état de paix intérieure, un calme très doux, une certitude que tout était bien, tout était bon. Dieu était en moi et autour de moi, remplissant tout l’espace. J’étais dans un moment de foi absolue en Dieu. Un état de plénitude.

Deux jeunes garçons, des adolescents, marchaient en riant, chahutant et parlant fort. Arrivés à ma hauteur, ils ont traversé la rue sans un regard pour la voiture qui venait vers eux et dont le conducteur dû freiner brutalement. Indifférents à l’indignation de l’homme au volant, les deux gamins, hilares et assez fiers d’eux, continuèrent leur chemin vers le parc voisin.

J’ai vu le visage de l’homme changer de couleur, ses mains se crisper sur le volant et une colère énorme monter en lui. Il redémarra en faisant crisser les pneus de l’automobile, et partit en direction des gamins.

Je voyais la scène, je pressentais que l’homme allait riposter violemment à ce qu’il considérait certainement comme une insulte mais, pourtant, à aucun moment la paix de Dieu en moi ne m’a quittée. Rien ni personne ne pouvait attenter à cette paix. Aucun évènement aussi violent soit-il ne pouvait la détruire, aucun évènement dramatique ne pouvait même avoir lieu dans cette paix, puisqu’elle était celle de Dieu, et que Dieu est notre Père à tous. Aucun mal ne pouvait venir des uns aux autres, puisqu’IL nous aime chacun d’un même amour et qu’IL nous gouverne entièrement.

Un élan m’a portée à suivre l’homme descendu de son véhicule et qui courait vers le parc. Lorsque je suis parvenue là, l’homme tenait un des jeunes par le cou avec sa main gauche, le plaquait contre un grillage et son poing droit était levé, prêt à s’abattre sur le visage terrifié du jeune garçon.

M’approchant d’eux, sans crainte, je posai ma main sur le poing fermé de l’homme. Il me regarda, stupéfait, « Ce sont des enfants » furent mes seules paroles. Il regarda le garçon. Tenta de frapper. Mais j’accentuai la pression de ma main sur son poing. « Ce sont des enfants » répétai-je. L’homme me regarda à nouveau, regarda l’adolescent, puis, tout à coup relâcha son étreinte et s’enfuit en courant. Les deux jeunes partirent à leur tour sans rien dire. Je me souviens que plusieurs fois l’un des deux s’est retourné pour me regarder.

Moi, je remerciais Dieu pour Son action, pour Sa paix inattaquable, et pour m’avoir permis d’être témoin de Son pouvoir pacificateur. J’ai vu que dans Sa paix, rien de mal ne peut advenir.

Aujourd’hui, ce moment vécu il y a longtemps, me fait comprendre que je ne peux voir la paix se manifester dans le monde, sans qu’elle soit d'abord établie en moi, dans ma conscience. Que, s’il doit y avoir une action qui doit se manifester à travers moi pour régler un problème, elle se fera naturellement, sans questionnement de ma part, sans que je n’aie aucune crainte ni ne coure aucun danger puisque seul Dieu agit en tant que moi.  Il se peut aussi qu’elle intervienne par quelqu’un d’autre dont la conscience est réceptive à la volonté de Dieu et qu'IL choisit.

Mais il se peut aussi qu’aucune action ne soit nécessaire, car dans la prière de reconnaissance de la présence de Dieu sur la scène, dans la méditation qui mène à Son contact, Sa paix est si puissante qu’elle remplit la conscience individuelle qui se soumet à elle et se déploie, jusqu'à remplir toutes les consciences individuelles en jeu qui, alors, s’inclinent sous Son pouvoir qui met fin à tout conflit. Ainsi, la Paix est établie sur terre comme au ciel. Ne voir et ne reconnaître que la paix de Dieu en moi et en les autres, sans juger du pourquoi ou du comment, sans diaboliser aucun des protagonistes de l’histoire qui se raconte sous mes yeux; m’établir en Elle, c’est poser ma main sur le poing levé de la haine et de l’obscurantisme, c’est faire Sa volonté et non la mienne et devenir témoin de Son pouvoir auquel rien ne résiste.


Catherine Gazaube

Ma rentrée à la "maison"

  Les périodes pendant lesquelles je ne peux pas me consacrer entièrement à l’étude de la Voie Infinie, de textes de sages de tous horizons,...