mercredi 31 août 2022

Ma rentrée à la "maison"

 


Les périodes pendant lesquelles je ne peux pas me consacrer entièrement à l’étude de la Voie Infinie, de textes de sages de tous horizons, où il m’est impossible de méditer autant que je le souhaite, me donnent toujours des leçons. Ces leçons me montrent l’importance primordiale de me retirer du monde pour écouter le silence et laisser agir Dieu, qui le fait toujours en restaurant ma vision des évènements qui se déroulent devant moi, m’apprenant ainsi à ne pas me laisser happer par les situations qui se présentent et oublier qui je suis vraiment et quel est Le pouvoir qui me gouverne. 

C’est souvent dans les choses les plus simples, les plus ordinaires que se cachent chacun de ces enseignements. 

Par exemple, en séjour chez mon fils, je ressentais un léger énervement devant les exigences de mes petits-enfants qui souhaitaient, encore une fois, manger quelque chose, et jetaient leur dévolu sur des biscuits salés. Ces derniers se trouvaient dans un emballage formé de quatre compartiments dont deux avaient déjà été ouverts et le contenu mangé. Seulement voilà̀, tout avait été coupé de telle sorte que des morceaux de cet emballage pendaient lamentablement et rendaient difficile l’ouverture des deux compartiments encore remplis. Ne trouvant pas de ciseaux, je pris un couteau et passai mon énervement grandissant sur cette pauvre boîte, afin de n‘avoir plus entre les mains que les deux compartiments pleins de biscuits. Enfin, ceux-ci furent libérés et avalés en quelques minutes par les enfants ravis. J’étais calmée. C’est à ce moment là que mon regard se posa sur le plan de travail de couleur noire et sur lequel apparaissaient, bien blanches, des rayures faites par le couteau que j’avais utilisé énergiquement. La cuisine était neuve et installée par mon fils depuis seulement dix jours. Mentalement, je me suis liquéfiée. Je ressentais un mélange de peine, de déception, et même d’angoisse à l’égard de la réaction de mon fils, si fier de ce qu’il avait si bien fait. 

Mais, à ce moment là, il y eut en moi comme une cloche qui sonna, un rappel : « Où es-tu? Reviens! » Comme réveillée d’un rêve, je saisis clairement que je subissais l’attraction du monde, m’attirant comme un aimant par ses fables, ses contes de vie chaotique où on fait du mal à ceux qu’on aime, où toute joie se transforme en peine en une seconde. 

Alors, en une seconde aussi, je suis immédiatement revenue chez mon Père, dans Sa maison, ma maison, cette conscience divine dans laquelle tout est bon, dans laquelle règne la joie, la paix, le respect, la tendresse, la douceur. 

Comme l’enfant qui reviens à l’école après les vacances, je fis alors ma rentrée dans ce royaume intérieur d’où jaillit toute chose bonne, et que pour quelques moments j’avais quitté. J’y retrouvais Mon enseignant tout de douceur et de fermeté, qui m’enseignait que mon premier devoir était de l’écouter dans le silence, d’abandonner ma personnalité et de laisser mon individualité, mon seul être, gouverné par Lui, se déployer et briller de Sa lumière. 

Et dans ce lieu silencieux, plein de la Présence divine, se pouvait-il que la belle ambiance qui régnait depuis des jours soit gâtée par un évènement quelconque? Se pouvait-il que Dieu ne soit pas là, régnant sur tout et tous? Se pouvait-il que je sois cette personne énervée, brusque et maladroite? Non! Ici, j’étais la fille de Dieu, ressemblant à son Père. Ici, pas de colère, pas de gestes incontrôlés, pas de déception. Ici, était le Royaume de Dieu et Son gouvernement. 

Tout était bien. Tout était bon. J’y entrais et j’en laissais la porte ouverte en laissant ma pensée toute tournée vers ce Père aimant, ce sage Maître, pour laisser se déployer, autour de moi tout Son bien. 

Lorsque mon fils est arrivé, je lui montrai le plan de travail, et contrairement à son comportement habituel, et bien que j’ai vu sur son visage le début d’une colère, il s’est tu, et a trouvé, dans les minutes qui ont suivies, une solution provisoire qui a fait disparaitre les rayures.
Par la suite, ce petit évènement est devenu sujet de plaisanterie. 

Plusieurs fois pendant ces jours passés en famille, j’ai été rappelée à l’Ordre divin par une douleur, un mal-être, une inharmonie. Et chaque fois, j’effectuais ma rentrée intérieure et trouvais mon professeur particulier, attentif et rigoureux qui me rappelait à l’ordre avec bonté, et je retrouvais toujours le calme et la sérénité qui ne m’avaient jamais quittée en fait, mais que j’avais ignorés en sortant de chez moi, de la maison de mon Père; et je comprends mieux l’intérêt de ne jamais la quitter. 


Catherine Gazaube


Ma rentrée à la "maison"

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