mardi 31 mai 2022

En vacances chez les cousins?


 

Je viens de passer quelques jours chez des cousins chez lesquels je n’ai pas pu m’isoler pour méditer. Leur conversation ne tournant qu’autour de leurs maladies, de leurs douleurs, des rendez-vous chez leurs médecins, de l’âge, synonyme pour eux de décrépitude certaine, des voisins si gênant, des automobilistes conduisant si mal, des jeunes si impolis, je me suis vite sentie déstabilisée. J’étouffais dans cette atmosphère que je trouvais malsaine. Je n’avais pas un moment de répit parce qu’ils parlaient tout le temps, mais je supportais tant bien que mal cette situation qui me dérangeait. En fait, je ne reconnaissais pas la vie dans ce qu’ils en voyaient . Je ne partageais pas leurs idées. J’ai réussi malgré tout à rester calme et aimable, parce que je les aime et qu’ils m’aiment, mais, j’ai été heureuse de repartir chez moi.

Seulement, dès le début de voyage qui durait trois heures, une grande fatigue m’envahit. Je dus m’arrêter trois fois car je somnolais au volant . J’essayais de chercher en moi la Présence divine, Son calme et Sa force, mais je n’y arrivais pas. Cependant il vint à ma pensée ce verset biblique “ réveille toi, toi qui dors, relève toi d’entre les morts et Christ t‘éclairera” ça m’a littéralement secouée et j’ai pu continuer la route jusqu’à mon arrivée. J’avais conscience que je m’étais laissé hypnotisée par tout ce que j’avais entendu et aussi troublée par leur attitude qui voulait me faire comprendre que vivant seule, il fallait absolument que je trouve un compagnon.

Chez moi, j’ai repris avec une soif intense les méditations. Ca m’a calmée. Mais la fatigue persistait.

Le dimanche matin je l’ai consacré à chercher la Présence de Dieu en moi avec des méditations assises et des marches méditatives. Un grand élan amoureux a rempli mon coeur. IL était là, au plus près de moi. IL se manifestait à moi comme un époux. Non, Je n’étais pas seule. Quel moment de joie et de certitude d’amour partagé!

Mais la fatigue s’accentuait. Puis vint une douleur dans la gorge et une toux sèche et persistante. Et chose étonnante, une jambe me fit souffrir de haut en bas, jusqu’à ce que, au troisième jour, je n’arrive pratiquement à ne plus marcher.

J’avais l’impression de porter sur mon corps, les stigmates des douleurs de mes cousins!

J’aspirais à la paix, j’étais fatiguée mais dormais mal. Je voulais me reposer. Je voulais retrouver mon équilibre. Je cherchais en moi ce repos, cette paix, cet équilibre.

Une nuit, est revenue à mon esprit, une histoire de la bible, celle d’un mendiant aveugle qu’on amène devant Jésus à qui on demande: “qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents?” Et Jésus répondit: “ ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché mais c’est pour que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. “ Et il le guérit. (Jean 9:1-7)

Dans mon cas, est-ce moi ou mes cousins qui avaient péché pour que je souffre ainsi? N’était-ce pas pour qu’en moi la gloire de Dieu apparaisse?

Pour que ses œuvres se manifestent, ne fallait-il pas que je comprenne que mon corps ne pouvait pas porter les signes de souffrances qui ne viennent en aucun cas de Dieu, ni les miennes ni celles de mes cousins ? Ne fallait-il pas que je saisisse que j’avais accepté comme étant réelles des apparences trompeuses de corps vieillissants et malades?

Ce que j’avais accepté d’eux, je l’avais accepté de moi. Quelle folie!

Ne fallait-il pas que je me rende compte que j’avais oublié de voir au delà de ce que mes yeux me montraient, que je n’avais pas vu l’identité spirituelle, puissante et pleine de vie de mes cousins? En reniant cette identité divine , c’était renier le Christ en eux, c‘était le renier en moi.

C’est dans le calme des méditations que j’ai trouvé le repos pour mon âme tourmentée et mon corps douloureux. Il y a eu de la résistance. Il a fallu plusieurs jours pour que la fatigue, les maux de gorge et la toux disparaissent , quant à la jambe, hier matin je ne pouvais pas la bouger et n’arrivais pas à me lever. J’ai pensé alors appeler un ami et lui demander une aide spirituelle. J’ai réussi à sortir du lit et le temps d’arriver au salon, la douleur a commencé à disparaître. Je n’ai pas eu a appeler mon ami.

Cette période particulière m’a montré l’importance de ne pas oublier mon devoir envers Dieu qui est de le placer avant toutes choses, de le voir en chacun, de comprendre qu’il n’y a pas de lieu où IL n’est pas, et pour ce faire, ne pas négliger les temps de méditation seul moyen de LE retrouver , de L’entendre et de L’écouter.

Cette période a aussi été celle de la fête de l’Ascension du Christ . J’ai découvert des textes de mystiques, de chrétiens, de moines , de prêtres qui m’ont par leur beauté et leur profondeur amenée à lever mes yeux au dessus de la terre et à regarder en moi ce Christ magnifique qui m’a élevée joyeusement vers son Père, mon Père.

Je rend grâce pour ces lectures et ces méditations qui m’ont permis de goûter au repos que seul Dieu donne quand on s’approche de LUI.


Catherine Gazaube

dimanche 1 mai 2022

La Vie qui jaillit



La Vie qui jaillit, je l’ai sentie en moi lorsque, pour la première fois, j’ai perçu dans mon esprit la Présence de Dieu. C’est à cet instant que je suis née, ou plutôt que je suis née à nouveau. J’avais trente trois ans. 

Jusque là, je pensais vivre. Mais cette vie était celle déterminée par un lieu de naissance, un milieu social, une éducation qui m’avaient façonnée moralement et physiquement à l’image de mes parents, ou plutôt, selon l’idée qu’eux mêmes se faisaient de la vie, étant eux aussi, prisonniers des conceptions de leurs propres parents et tous, eux et moi, assujettis à la société avec ses règles, ses lois, ses modes, ses coutumes, ses exigences, ses cases et ses étiquettes, son échelle de valeur et qui semblait décider pour eux, comme pour moi, du rôle que chacun devait jouer sur cette terre. 

J’ai su très tôt que je ne correspondais pas aux normes du moment exigées par cette société ni physiquement ni mentalement, bien que je fasse tout ce que je pouvais pour ressembler à ce qui était demandé. Mais sans résultat si ce n’est un caractère aigri et surtout, un grand mal être intérieur . Et tant mieux car c’est ce mal être qui m’a donné la certitude que la vie ne pouvait pas se résumer à ça. Elle était si absurde, si injuste, si peu intéressante qu’elle cachait forcément autre chose. C’est grâce à ce malaise intérieur que j’aspirais profondément à cette autre chose. Et c’est cette aspiration, ce désir puissant qui m’a permis un soir, d’entendre la voix de Dieu en moi, et saisir en partie que non, cette vie visible n’est pas la Vie. Cette voix m’a guidée vers des livres, des personnes, des groupes qui m’ont permis d’approfondir ce que j’avais touché du bout de mon cœur et de mon esprit et qui s’était manifestée en moi par une grande joie jaillissant comme un geyser, joie qui fut est qui est toujours pour moi, synonyme de Vie. 

Ces années d’étude et de consécration au divin m’ont amenée à voir que cette vie visible est comme une vapeur qui me cache la réalité des choses et des personnes. J’ai vu que derrière l’apparence d’un homme ou d’une femme se trouve Dieu incarné, que chaque lieu est la terre de Dieu, sainte et sacrée, que chaque situation, heureuse ou malheureuse, n’est là que pour que se manifeste l’œuvre de Dieu et que j’en sois le témoin. 

Il m’a fallu des années pour pour que je saisisse que la Vie n’est pas une succession d’évènements extérieurs déstabilisants mais le déroulement de la pensée divine qui se manifeste de façon toujours harmonieuse pour qui l’accepte. A chaque fois que je me suis tournée vers cette conscience de bien en moi, la conscience spirituelle, j’ai toujours trouvé la paix et le réconfort. Des choses qui me faisaient souffrir telles que des migraines ou des brûlures d’estomac ont disparu sans que je me souvienne à quel moment elles ont cessé d’exister. La douleur causée par des deuils a été annihilée par la Présence vivante du Christ, l’Esprit de Dieu en moi, qui m’a portée, consolée, appris que non, la mort ne fait pas partie de la Vie parce que la Vie est Dieu et que les séparations n’ont lieu que sur ce plan d’existence visible. J’ai ainsi acquis l’assurance que ceux que je ne vois plus continuent comme moi à vivre, c’est uniquement la vapeur de ce monde matériel qui, lui, est mortel, qui m’empêche de les voir. Mais pour Dieu et en Dieu, il n’y a que la Vie. 

Un infarctus m’a aidé aussi à comprendre que ce n’est pas mon cœur qui me donne la vie mais que c’est la Vie qui fait battre mon cœur. Et il a battu avec plus de force et de régularité. Une chute qui a m’a fracturé une épaule et dont les médecins et les personnes autour de moi disaient que je ne récupèrerais pas entièrement le bon fonctionnement a été complètement remise en état et sans séquelle quand j’ai su que la Vie qui anime chaque partie de mon corps, est mon mouvement et mon être tout entier. J’ai vu que la Vie est mouvement perpétuel. 

J’ai appris aussi que le caractère aigri qui me caractérisait, n’était pas moi, ne m’appartenait pas, j’en avais hérité à ma naissance physique ici, dans ce monde, mais, j’ai saisi que je ne suis pas née à ce moment là, je venais de plus loin, et apparaissais pour que Dieu se manifeste ici, pour être témoin de la Vie. Je possédais tous les attributs de Dieu, tout ce qui le compose et entre autres, la joie. Mon caractère a changé complètement je suis aujourd’hui toujours d’humeur joyeuse et enthousiaste. Il n’y a plus en moi aucun mal être . Et si il arrive que je sois perturbée, peinée, choquée par certaines choses qui se présentent à mes yeux, la joie toujours présente en moi, me rappelle ce qu’est la Vie et toute inquiétude, peur ou tristesse disparaissent pour ne laisser la place qu’à la paix intérieure qui ne tarde pas à se manifester extérieurement. 

Ce que j’ai découvert aussi et c’est pour moi le plus important, c’est que la Vie n’est Vie que lorsque j’ai conscience que je vis, conscience de ce que je suis entrain de faire, de penser, de croire. Alors, aujourd’hui, je marche reconnaissant que le Christ marche en moi et en tant que moi. Je mange en me réjouissant de ce qui m’est donné comme nourriture puisqu’elle vient de Dieu. Je respire assurée que le souffle du Tout Puissant est ma respiration. Je foule le sol en sachant que j’avance sur la terre de Dieu et j’accueille avec joie ceux qui s’approchent de moi car je sais que c’est Dieu qui me rend visite et me dit qu’IL est là. 

Et avec cette Vie que je vis, j’ai appris que le verbe vivre ne se conjugue qu’au présent, parce que dans cette Vie il n’y a ni passé ni futur, il n’y a que maintenant . Maintenant Dieu est Vie donc je vis consciemment, et, sciemment, quand des évènements se présentent à moi cherchant à me déstabiliser, je me souviens qu’il s’agit d’une vapeur me cachant la réalité divine, je rentre en moi-même, je viens trouver Dieu, je le laisse souffler sur la vapeur et me montrer ce qu’elle masque, Sa réalité. Alors, la Vie jaillit, belle, pleine d’action , de mouvement, de joie, d’enthousiasme. Elle jaillit en moi, telle une source d’eau vive qui me rafraichit, me réveille, me lave de toutes les fausses idées accrochées dans ma pensée, me purifie, me baptise de mon vrai nom, Catherine Christ, me redonne ma véritable identité, fille de Dieu, et me rend témoin de la VIE. 


Catherine Gazaube

Ma rentrée à la "maison"

  Les périodes pendant lesquelles je ne peux pas me consacrer entièrement à l’étude de la Voie Infinie, de textes de sages de tous horizons,...