Au tout début de ma recherche de Dieu et de Son royaume, je regardais partout autour de moi pour trouver des signes de Sa présence à mes côtés. Je sentais en moi, lorsque je me promenais dans la nature, à la campagne ou dans les parcs, une exaltation donnée par les parfums des plantes, des arbres, par la fraîcheur de l’air, par le chant des oiseaux ou le cri des corbeaux. C’était une joie qui m’envahissait sans que je sache alors que par ces sensations, Dieu me parlait.
Un jour, pleine de ce bien-être, je fixai le soleil dont la luminosité représentait pour moi Dieu éclairant le monde de Sa lumière. Je vis alors cet astre se transformer. Il devint un cercle dont le centre était d’un bleu profond et le tour fait de cette lumière intense que nous connaissons. La certitude s’est faite en moi que ce que je voyais du monde n’en était qu’une infime partie. Ce soleil devenait une porte vers autre chose, vers un royaume de paix et qu’il fallait que je passe par cette porte pour avoir accès à un bonheur que la vision qui était la mienne ne me donnait pas.
Je crois que c’est à ce moment là que j’ai saisi que Dieu me parlait par cette nature qui m’entourait. Mais fallait-il encore que je sache l’entendre et le comprendre!
La lecture de la Bible et la prière m’ont appris ce que Dieu fait pour moi, Son amour infini, Son secours toujours présent, mais ce qui m’a le plus aidée à entendre ce que Dieu avait à me dire, c’est la découverte de la méditation, par la pratique de laquelle j’ai appris à faire silence devant LUI. Dans ce silence, je peux l’entendre, que ce soit chez moi, dans les transports en commun, dans les administrations, les magasins, seule ou entourée par la foule, je l’entends. Assise ou marchant dans la nature, je l’entends. Dans la nature, le silence devient contemplation et la contemplation permet d’entendre la voix de Dieu à travers ce que mes yeux voient.
Il me parle de joie dans le chant des oiseaux, dans les couleurs vives des fleurs, le vert des collines, le bleu du ciel, le bourdonnement des insectes, l’odeur de la pluie sur la terre chaude les soirs d’été, dans la douceur et le silence de la neige des jours d’hiver. Ne me dit-Il pas là de me réjouir sans cesse de chaque instant et de chanter toujours un hymne à Son amour. Ne me dit-Il pas là qu’IL remplit tout l’espace et que tout exprime SA Vie qui palpite?
Il me parle d’abondance dans les fruits que je trouve et qui me régalent lors de mes promenades – les cerises sauvages gorgées de soleil, les mûres sucrées, les figues au goût si doux, les noisettes craquantes – et dans les parfums de sureau, d’aubépine, de menthe, de pin, d’herbe qui se répandent, si enivrants. Ne me dit-Il pas : « Regarde, je suis là, je te comble de mes biens. Tu ne peux manquer de rien. Je suis la main qui te nourris. Ne t’inquiète pas, JE SUIS là. Tout ce que J’ai tu l’as et J’ai tout ».
Il me parle de vie sans cesse renouvelée et éternelle dans le printemps qui revient toujours, dans le calme après la tempête, dans le vent qui chasse les nuages, dans le soleil qui brille après la pluie, dans le mouvement des marées, dans les arbres centenaires si beaux et si puissants, dans les montagnes majestueuses inébranlables. Ne me dit-IL pas : « Regarde, il n’y a pas de stagnation, tout en MOI est mouvement perpétuel, tout en MOI se renouvelle constamment, tout en MOI est stabilité et puissance, JE suis la Vie, JE suis ta Vie, ne crains rien, tu es aussi éternelle que MOI parce que toi et MOI sommes UN. Tout ce que JE suis tu l’es. Et JE suis tout. »
Le monde est un jardin. Pour qui sait le contempler, c’est une terre sacrée sur laquelle poussent en millier de formes et de couleurs tout ce que Dieu nous a donné en héritage. C’est un livre ouvert sur l’infini, sur le Divin qui donne, à qui l’étudie, des leçons de vie sans cesse renouvelées, de beauté́ toujours présente, d’abondance à portée de mains. Des leçons de patience, d’espérance, de joie, de paix, de résurrection, d’éternité.
Regardez les rivières, qui, petites sources de montagne, vont traverser les dures roches, tomber dans des précipices, creuser leurs lits à force de remous pour arriver un jour à devenir fleuves et se jeter enfin dans l’océan pour devenir vagues. N’est-ce pas notre histoire qu’elles racontent? L’histoire des hommes qui retournent à la Maison de leur Père à force de luttes, de peines, de désespoirs parfois? Ne nous apprennent-elles pas la patience qu’il faut pour tenir le cap et garder notre but en vue? Lorsque l’hiver les enferme dans ses glaces pendant des semaines, des mois, ne nous racontent elles pas l’espérance qu’il faut garder lorsque nos vies semblent stagner, que nous nous sentons prisonniers de situations que nous pensons inextricables.
Quand je contemple en silence la nature autour de moi, que je la reconnais en tant que parole de Dieu qui s’exprime, j’entends aussi que je suis de cette même nature puisque créée par LUI et gouvernée par LUI. Et, en L’écoutant, j’entre dans le royaume de paix que m’avait promis la vision qui avait été la mienne un jour, en regardant le soleil.
Catherine Gazaube

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