Je viens de passer quelques jours chez des cousins chez lesquels je n’ai pas pu m’isoler pour méditer. Leur conversation ne tournant qu’autour de leurs maladies, de leurs douleurs, des rendez-vous chez leurs médecins, de l’âge, synonyme pour eux de décrépitude certaine, des voisins si gênant, des automobilistes conduisant si mal, des jeunes si impolis, je me suis vite sentie déstabilisée. J’étouffais dans cette atmosphère que je trouvais malsaine. Je n’avais pas un moment de répit parce qu’ils parlaient tout le temps, mais je supportais tant bien que mal cette situation qui me dérangeait. En fait, je ne reconnaissais pas la vie dans ce qu’ils en voyaient . Je ne partageais pas leurs idées. J’ai réussi malgré tout à rester calme et aimable, parce que je les aime et qu’ils m’aiment, mais, j’ai été heureuse de repartir chez moi.
Seulement, dès le début de voyage qui durait trois heures, une grande fatigue m’envahit. Je dus m’arrêter trois fois car je somnolais au volant . J’essayais de chercher en moi la Présence divine, Son calme et Sa force, mais je n’y arrivais pas. Cependant il vint à ma pensée ce verset biblique “ réveille toi, toi qui dors, relève toi d’entre les morts et Christ t‘éclairera” ça m’a littéralement secouée et j’ai pu continuer la route jusqu’à mon arrivée. J’avais conscience que je m’étais laissé hypnotisée par tout ce que j’avais entendu et aussi troublée par leur attitude qui voulait me faire comprendre que vivant seule, il fallait absolument que je trouve un compagnon.
Chez moi, j’ai repris avec une soif intense les méditations. Ca m’a calmée. Mais la fatigue persistait.
Le dimanche matin je l’ai consacré à chercher la Présence de Dieu en moi avec des méditations assises et des marches méditatives. Un grand élan amoureux a rempli mon coeur. IL était là, au plus près de moi. IL se manifestait à moi comme un époux. Non, Je n’étais pas seule. Quel moment de joie et de certitude d’amour partagé!
Mais la fatigue s’accentuait. Puis vint une douleur dans la gorge et une toux sèche et persistante. Et chose étonnante, une jambe me fit souffrir de haut en bas, jusqu’à ce que, au troisième jour, je n’arrive pratiquement à ne plus marcher.
J’avais l’impression de porter sur mon corps, les stigmates des douleurs de mes cousins!
J’aspirais à la paix, j’étais fatiguée mais dormais mal. Je voulais me reposer. Je voulais retrouver mon équilibre. Je cherchais en moi ce repos, cette paix, cet équilibre.
Une nuit, est revenue à mon esprit, une histoire de la bible, celle d’un mendiant aveugle qu’on amène devant Jésus à qui on demande: “qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents?” Et Jésus répondit: “ ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché mais c’est pour que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. “ Et il le guérit. (Jean 9:1-7)
Dans mon cas, est-ce moi ou mes cousins qui avaient péché pour que je souffre ainsi? N’était-ce pas pour qu’en moi la gloire de Dieu apparaisse?
Pour que ses œuvres se manifestent, ne fallait-il pas que je comprenne que mon corps ne pouvait pas porter les signes de souffrances qui ne viennent en aucun cas de Dieu, ni les miennes ni celles de mes cousins ? Ne fallait-il pas que je saisisse que j’avais accepté comme étant réelles des apparences trompeuses de corps vieillissants et malades?
Ce que j’avais accepté d’eux, je l’avais accepté de moi. Quelle folie!
Ne fallait-il pas que je me rende compte que j’avais oublié de voir au delà de ce que mes yeux me montraient, que je n’avais pas vu l’identité spirituelle, puissante et pleine de vie de mes cousins? En reniant cette identité divine , c’était renier le Christ en eux, c‘était le renier en moi.
C’est dans le calme des méditations que j’ai trouvé le repos pour mon âme tourmentée et mon corps douloureux. Il y a eu de la résistance. Il a fallu plusieurs jours pour que la fatigue, les maux de gorge et la toux disparaissent , quant à la jambe, hier matin je ne pouvais pas la bouger et n’arrivais pas à me lever. J’ai pensé alors appeler un ami et lui demander une aide spirituelle. J’ai réussi à sortir du lit et le temps d’arriver au salon, la douleur a commencé à disparaître. Je n’ai pas eu a appeler mon ami.
Cette période particulière m’a montré l’importance de ne pas oublier mon devoir envers Dieu qui est de le placer avant toutes choses, de le voir en chacun, de comprendre qu’il n’y a pas de lieu où IL n’est pas, et pour ce faire, ne pas négliger les temps de méditation seul moyen de LE retrouver , de L’entendre et de L’écouter.
Cette période a aussi été celle de la fête de l’Ascension du Christ . J’ai découvert des textes de mystiques, de chrétiens, de moines , de prêtres qui m’ont par leur beauté et leur profondeur amenée à lever mes yeux au dessus de la terre et à regarder en moi ce Christ magnifique qui m’a élevée joyeusement vers son Père, mon Père.
Je rend grâce pour ces lectures et ces méditations qui m’ont permis de goûter au repos que seul Dieu donne quand on s’approche de LUI.
Catherine Gazaube

Merci infiniment
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